Micro-entreprise, entreprise individuelle, EURL, SASU, SARL ou SAS : plusieurs structures permettent d'exercer une activité d'achat-revente de véhicules en France. Il n'existe pas un statut juridique unique imposé aux marchands automobiles.
Mais toutes les structures ne produisent pas les mêmes conséquences sur la fiscalité, les cotisations sociales, la TVA, la comptabilité, la protection du dirigeant et surtout la manière dont sont traités les nombreux frais liés à l'achat-revente automobile.
C'est précisément pour cette raison qu'un statut très attractif pour une petite activité de service peut être beaucoup moins adapté à un marchand automobile qui achète 10 000 €, 15 000 € ou 20 000 € de marchandise pour réaliser seulement quelques milliers d'euros de marge.
C'est une étape souvent oubliée.
Avant de comparer SASU, EURL ou micro-entreprise, il faut déterminer ce que votre entreprise va réellement faire.
Un marchand automobile classique réalise principalement de l'achat-revente :
Mais d'autres modèles existent :
Or ces modèles ne génèrent pas le même chiffre d'affaires ni les mêmes flux financiers.
Cette distinction est particulièrement importante pour comprendre pourquoi certains régimes peuvent être beaucoup moins intéressants dans le négoce automobile.
Si vous hésitez encore entre achat-revente et intermédiation, consultez également : Marchand automobile ou mandataire : quelles différences ?.
| Structure | Nombre de personnes | Charges réelles déductibles ? | Dirigeant | Fiscalité générale | Profil type |
|---|---|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | 1 | Non, pas une par une | Entrepreneur individuel | Micro-BIC à l'IR | Test d'activité très limité et recherche maximale de simplicité |
| EI au réel | 1 | Oui selon les règles fiscales | Entrepreneur individuel | IR par défaut, option IS possible sous conditions | Entrepreneur seul souhaitant déduire ses frais sans créer de société |
| EURL | 1 associé | Oui | Gérant | IR par défaut pour associé unique personne physique, option IS possible | Entrepreneur seul souhaitant une société et un statut social TNS lorsqu'il est gérant associé |
| SASU | 1 associé | Oui | Président | IS par défaut, option temporaire IR sous conditions | Entrepreneur seul recherchant souplesse juridique et régime assimilé salarié en cas de rémunération |
| SARL | 2 à 100 associés | Oui | Gérant | IS en principe, options particulières possibles | Projet à plusieurs avec cadre juridique fortement défini |
| SAS | Au moins 2 associés | Oui | Président | IS en principe, option temporaire IR sous conditions | Projet à plusieurs recherchant une forte souplesse statutaire |
Oui, la micro-entreprise n'est pas interdite pour l'achat-revente automobile.
Une activité commerciale d'achat de véhicules dans le but de les revendre peut être exercée sous le régime micro lorsque les conditions permettant d'en bénéficier sont respectées.
Mais il faut préciser une chose importante :
En 2026, le plafond du régime micro pour une activité de vente de marchandises est fixé à :
Ce plafond a été relevé à partir du 1er janvier 2026.
Dans beaucoup d'activités, 203 100 € représente un chiffre d'affaires important.
Dans le commerce automobile, ce montant peut être atteint très vite.
Par exemple, avec un prix de vente moyen de :
13 voitures représentent déjà :
Et pourtant, vendre 13 véhicules sur une année ne représente qu'un peu plus d'une voiture par mois.
Le principal problème n'est pas seulement le plafond.
C'est la manière dont les charges sont traitées.
Sous le régime micro-BIC, l'administration n'impose pas votre bénéfice comptable réel après déduction de chaque dépense.
Elle applique un abattement forfaitaire de 71 % sur le chiffre d'affaires pour une activité de vente de marchandises.
Cet abattement est censé représenter l'ensemble des charges de l'entreprise.
Vous ne déduisez donc pas séparément :
Pour l'activité de vente de marchandises, le taux micro-social applicable en 2026 est de 12,3 % du chiffre d'affaires déclaré, hors contribution à la formation professionnelle et autres prélèvements éventuellement applicables.
Supposons un marchand réalisant :
Les cotisations micro-sociales représenteraient, avant les autres prélèvements :
Et ce calcul ne se base pas sur le bénéfice comptable réel restant après avoir acheté les voitures.
C'est pour cette raison que la micro-entreprise peut être juridiquement possible mais économiquement peu adaptée à un véritable modèle de marchand automobile.
C'est l'une des confusions les plus fréquentes.
Depuis plusieurs années, les plafonds du régime micro et ceux de la franchise en base de TVA sont décorrélés.
En 2026 :
| Règle | Seuil vente de marchandises | Conséquence générale |
|---|---|---|
| Régime micro-BIC | 203 100 € | Condition de chiffre d'affaires pour rester sous le régime micro selon les règles applicables |
| Franchise en base TVA | 85 000 € | Seuil de référence annuel |
| Seuil majoré TVA | 93 500 € | Un dépassement de cette limite en cours d'année entraîne la sortie de franchise à compter de la date du dépassement |
Un marchand réalisant 120 000 € de chiffre d'affaires peut par exemple encore relever du régime micro-BIC sur le plan de l'imposition des bénéfices, tout en ayant déjà quitté la franchise en base de TVA.
La TVA automobile doit ensuite être analysée opération par opération :
Il n'est pas obligatoire de créer une société pour sortir du fonctionnement économique de la micro-entreprise.
Vous pouvez exercer en entreprise individuelle sous un régime réel.
L'entrepreneur individuel est normalement imposé à l'impôt sur le revenu, mais une option pour l'impôt sur les sociétés est possible sous conditions en demandant l'assimilation fiscale à une EURL.
L'entrepreneur individuel relève du régime des travailleurs indépendants.
Ses cotisations ne fonctionnent donc pas comme celles d'un président de SASU rémunéré.
L'EURL est une SARL composée d'un seul associé.
Elle crée une personne morale distincte de son associé et permet d'exercer une activité commerciale comme l'achat-revente de véhicules.
Il n'existe pas de capital minimum légal important à constituer.
Le capital est librement fixé.
Lorsqu'il existe des apports en numéraire, au moins 20 % doivent être libérés lors de la constitution, le solde pouvant être versé dans les cinq années suivant l'immatriculation.
Lorsque l'associé unique est une personne physique, l'EURL relève en principe de l'impôt sur le revenu.
Elle peut opter pour l'impôt sur les sociétés.
Dans le cas le plus fréquent où l'associé unique est également gérant, il relève du régime des travailleurs non salariés (TNS).
Des cotisations minimales peuvent rester dues même en l'absence de rémunération.
La SASU est une société par actions simplifiée comportant un seul associé.
Elle est très fréquemment proposée aux créateurs d'entreprise, mais elle n'est pas automatiquement « meilleure » qu'une EURL ou une EI.
Le capital est librement déterminé.
Pour les apports en numéraire, au moins 50 % doivent être libérés lors de la constitution. Le solde peut être libéré ultérieurement dans les conditions prévues par la loi.
La SASU est par défaut soumise à l'impôt sur les sociétés.
Une option temporaire pour l'impôt sur le revenu peut exister lorsque les conditions légales sont respectées.
Lorsque le président perçoit une rémunération au titre de son mandat, il relève du régime général de la sécurité sociale comme assimilé salarié.
Il ne bénéficie cependant pas automatiquement de l'assurance chômage simplement parce qu'il est président de SASU.
S'il ne perçoit aucune rémunération au titre de son mandat, il n'y a normalement pas de cotisations sociales sur une rémunération inexistante, mais il n'acquiert pas non plus la protection sociale correspondante via cette rémunération.
C'est souvent le véritable choix lorsque l'activité devient sérieuse et que le marchand souhaite exercer seul au sein d'une société.
| Critère | EURL | SASU |
|---|---|---|
| Nombre d'associés | 1 | 1 |
| Dirigeant | Gérant | Président |
| Capital | Libre | Libre |
| Numéraire à libérer à la création | Au moins 20 % | Au moins 50 % |
| Fiscalité des bénéfices par défaut | IR pour associé unique personne physique | IS |
| Option principale | IS possible | IR temporaire possible sous conditions |
| Régime social du dirigeant associé | TNS | Assimilé salarié si rémunéré |
| Évolution à plusieurs | SARL | SAS |
| Souplesse statutaire | Cadre plus réglementé | Plus grande liberté statutaire |
Lorsque plusieurs personnes sont associées, les équivalents principaux deviennent :
De 2 à 100 associés. Cadre légal relativement structuré, avec un régime social du gérant qui dépend notamment de sa position majoritaire, minoritaire ou égalitaire.
Au moins 2 associés. Grande liberté statutaire permettant d'organiser plus finement les pouvoirs, les entrées au capital et certaines relations entre associés.
Le choix dépend donc beaucoup de la répartition du capital et de la manière dont les associés souhaitent diriger l'entreprise.
Il faut distinguer capital légal et argent réellement nécessaire pour lancer l'activité.
Une EURL, SASU, SARL ou SAS peut juridiquement être créée avec un capital très faible.
Mais cela ne signifie absolument pas qu'une entreprise de négoce automobile peut raisonnablement fonctionner avec quelques euros.
Pour préparer cette partie, consultez notre guide : Quel budget faut-il pour devenir marchand automobile ?.
C'est un critère extrêmement important dans notre métier.
Sous un régime réel d'imposition, les charges professionnelles peuvent être prises en compte lorsqu'elles remplissent les conditions fiscales de déductibilité.
Cela concerne potentiellement :
Cela concerne notamment l'EI au réel, l'EURL et la SASU selon leur régime d'imposition.
Le régime micro fonctionne différemment : les frais réels ne sont pas déduits individuellement pour calculer le bénéfice micro-BIC.
C'est précisément le profil économique fréquent de l'achat-revente automobile.
Non.
C'est un point essentiel.
Vous pouvez avoir :
Et à l'intérieur d'une même entreprise, certains véhicules peuvent relever de mécanismes différents :
Depuis la réforme du statut de l'entrepreneur individuel, le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel sont en principe séparés automatiquement.
Les créanciers professionnels poursuivent normalement le patrimoine professionnel.
Il existe toutefois des exceptions, notamment dans certaines situations fiscales, sociales, de fraude ou lorsqu'une garantie personnelle a été consentie.
Ces sociétés disposent d'une personnalité morale et d'un patrimoine distinct.
La responsabilité de l'associé est en principe limitée à ses apports.
Mais cette protection n'est jamais absolue.
Un dirigeant peut notamment engager sa responsabilité :
La micro-entreprise peut être étudiée pour un démarrage très limité, à condition de comprendre le calcul sur le chiffre d'affaires, les seuils et la TVA.
L'entreprise individuelle au réel mérite d'être comparée aux sociétés : pas de capital social ni de statuts, mais possibilité de travailler avec des charges réelles.
L'EURL peut être pertinente, notamment lorsque le gérant est également associé unique.
La SASU peut être pertinente si son régime social, sa fiscalité et son potentiel d'évolution correspondent réellement au projet.
La SARL peut être étudiée, notamment pour son cadre juridique plus encadré.
La SAS permet davantage de souplesse statutaire, mais exige une rédaction sérieuse des statuts et éventuellement d'un pacte d'associés.
Le Pack Création d'Activité Automobile vous aide à travailler votre modèle économique, votre statut, votre fiscalité, vos démarches et les principales décisions nécessaires avant de lancer une activité d'achat-revente.
Découvrir le Pack Création d'ActivitéCréer une micro-entreprise, une EI, une EURL ou une SASU ne suffit pas à rendre automatiquement l'activité de marchand automobile opérationnelle.
Les formalités de création, modification et cessation d'entreprise passent par le Guichet unique des formalités des entreprises.
Vous devez notamment déclarer :
Après validation de la formalité, l'entreprise obtient notamment son SIREN et son SIRET et est inscrite aux registres correspondant à son activité.
L'achat-revente de véhicules d'occasion entraîne ensuite des obligations spécifiques.
Il faut notamment s'intéresser :
Retrouvez le cadre complet ici : Obligations du marchand automobile : réglementation et fiscalité.
Et si vous partez du début : Comment devenir marchand automobile : le guide complet.
La simplicité administrative n'est pas forcément synonyme de rentabilité économique.
C'est probablement l'erreur la plus dangereuse dans le commerce automobile.
Les seuils du régime micro-BIC et ceux de la franchise en base de TVA sont distincts.
Une SASU doit être comparée à une EURL et à une EI avec votre vraie rémunération, vos vraies charges et votre projet de développement.
Le capital légal minimum et le budget nécessaire pour financer du stock automobile sont deux choses totalement différentes.
Achat-revente, mandat et dépôt-vente ne produisent pas les mêmes flux économiques.
Un mauvais traitement TVA peut coûter beaucoup plus cher qu'une différence de cotisations entre deux formes juridiques.
Il faut également comparer fiscalité, protection sociale, comptabilité, rémunération, dividendes, développement futur et coûts de gestion.
La forme juridique ne remplace ni le livre de police ni les autres obligations commerciales et administratives.
Deux marchands ayant exactement la même activité peuvent avoir intérêt à choisir deux structures différentes en fonction de leur situation personnelle, leur rémunération et leurs objectifs.
Il n'existe pas de meilleur statut universel. Pour une activité exercée seul et destinée à se développer, il est généralement pertinent de comparer l'entreprise individuelle au réel, l'EURL et la SASU à partir du chiffre d'affaires, des marges, des charges et de la rémunération prévue.
Oui. L'achat-revente automobile peut être exercé sous le régime micro lorsque les conditions sont respectées. Toutefois, ce régime peut être peu adapté économiquement car les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires déclaré et les frais réels ne sont pas déduits individuellement pour calculer le bénéfice micro-BIC.
Le plafond du régime micro-BIC pour une activité de vente de marchandises est de 203 100 € en 2026. Attention : ce seuil ne correspond pas au seuil de franchise en base de TVA.
Pour une activité de vente de marchandises, le seuil de référence de franchise en base est de 85 000 €, avec une limite majorée de 93 500 €. Il est donc possible de rester sous le régime micro-BIC tout en devenant redevable de la TVA.
Le régime micro et le régime de TVA sont distincts. Un micro-entrepreneur devenu redevable de TVA doit appliquer les règles TVA correspondant à ses opérations. L'application éventuelle de la TVA sur marge dépend notamment des conditions d'acquisition du véhicule et non du simple fait d'être micro-entrepreneur.
L'EURL et la SASU permettent toutes deux l'achat-revente automobile. Leur principale différence pour un dirigeant associé seul concerne notamment la fiscalité par défaut, le régime social du dirigeant, le formalisme et la flexibilité statutaire. Une simulation personnalisée est préférable.
Non. Vous pouvez exercer sous plusieurs formes : entreprise individuelle, micro-entreprise sous conditions, EURL, SASU, SARL ou SAS notamment.
Oui. L'entreprise individuelle permet d'exercer une activité commerciale d'achat-revente. Le régime réel peut notamment permettre de prendre en compte les charges professionnelles selon les règles fiscales applicables.
Le capital social est librement déterminé. Mais le minimum juridique ne doit jamais être confondu avec le véritable budget de lancement. Un marchand automobile doit disposer de suffisamment de trésorerie pour financer son stock, ses frais et son besoin en fonds de roulement.
Il n'existe pas de capital social minimum important imposé. Au moins 20 % des apports en numéraire doivent être libérés lors de la constitution. Là encore, le capital doit être cohérent avec les besoins réels de l'activité.
Le recours à un expert-comptable n'est pas automatiquement imposé simplement parce que vous exercez comme marchand automobile. En revanche, compte tenu du stock, de la TVA sur marge, des achats européens ou importations et des différentes obligations fiscales, son accompagnement peut être particulièrement pertinent.
Certaines obligations de société, de comptabilité ou de régime social varient selon la structure. En revanche, les obligations liées au commerce professionnel de véhicules d'occasion, aux garanties, au livre de police, à la facturation ou aux règles de consommation ne disparaissent pas simplement parce que vous choisissez une micro-entreprise plutôt qu'une SASU.
Oui, mais le changement peut nécessiter une transformation, un apport, une cessation ou une création de nouvelle structure selon la situation. Il est donc préférable de choisir dès le départ une structure cohérente avec les 12 à 24 prochains mois plutôt qu'uniquement avec la première vente.
Le meilleur statut n'est pas celui qui paraît le plus simple ou celui utilisé par le plus grand nombre d'entrepreneurs sur Internet.
C'est celui qui correspond à votre modèle économique réel.
Pour reprendre toute la création de l'activité depuis le début, consultez : Comment devenir marchand automobile : le guide complet.
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Découvrir Marchand Auto 360Le choix d'une forme juridique dépend de la situation personnelle, fiscale et sociale du créateur. Les règles et seuils peuvent évoluer. Faites valider votre choix par un expert-comptable, avocat ou professionnel compétent lorsque votre situation le nécessite.
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