Quel statut juridique choisir pour devenir marchand automobile ?

Mise à jour : septembre 2026

Micro-entreprise, entreprise individuelle, EURL, SASU, SARL ou SAS : plusieurs structures permettent d'exercer une activité d'achat-revente de véhicules en France. Il n'existe pas un statut juridique unique imposé aux marchands automobiles.

Mais toutes les structures ne produisent pas les mêmes conséquences sur la fiscalité, les cotisations sociales, la TVA, la comptabilité, la protection du dirigeant et surtout la manière dont sont traités les nombreux frais liés à l'achat-revente automobile.

C'est précisément pour cette raison qu'un statut très attractif pour une petite activité de service peut être beaucoup moins adapté à un marchand automobile qui achète 10 000 €, 15 000 € ou 20 000 € de marchandise pour réaliser seulement quelques milliers d'euros de marge.

Quel statut choisir pour devenir marchand automobile ?

Il n'existe pas de réponse universelle.

Pour quelqu'un qui exerce seul, les principales options sont généralement :
  • micro-entreprise pour tester très simplement une petite activité, mais avec plusieurs limites importantes pour l'achat-revente automobile ;
  • entreprise individuelle au réel pour rester seul tout en déduisant les charges réelles ;
  • EURL pour exercer seul au sein d'une société avec un gérant associé relevant généralement du régime des travailleurs indépendants ;
  • SASU pour exercer seul avec une structure très flexible et un président rémunéré relevant du régime général comme assimilé salarié.
À plusieurs, les formes les plus courantes deviennent généralement la SARL ou la SAS.

Pour un véritable marchand automobile qui finance du stock, supporte des frais importants et souhaite développer son activité, il faut surtout comparer EI au réel, EURL et SASU plutôt que choisir automatiquement la micro-entreprise parce qu'elle paraît plus simple.

Avant de choisir un statut, définissez votre véritable activité

C'est une étape souvent oubliée.

Avant de comparer SASU, EURL ou micro-entreprise, il faut déterminer ce que votre entreprise va réellement faire.

Un marchand automobile classique réalise principalement de l'achat-revente :

L'entreprise achète le véhicule
↓
elle en devient propriétaire
↓
elle le revend à un autre professionnel ou à un particulier

Mais d'autres modèles existent :

  • mandat de recherche ;
  • dépôt-vente ;
  • intermédiation ;
  • courtage ;
  • prestations annexes ;
  • achat-revente combiné à des services.

Or ces modèles ne génèrent pas le même chiffre d'affaires ni les mêmes flux financiers.

Le chiffre d'affaires d'un marchand n'est pas sa marge.

Si vous achetez une voiture 12 000 € et la revendez 15 000 €, vous n'avez pas réalisé 3 000 € de chiffre d'affaires.

Vous avez réalisé une vente de 15 000 € et une marge commerciale avant les autres frais de 3 000 €.

Cette distinction est particulièrement importante pour comprendre pourquoi certains régimes peuvent être beaucoup moins intéressants dans le négoce automobile.

Si vous hésitez encore entre achat-revente et intermédiation, consultez également : Marchand automobile ou mandataire : quelles différences ?.

Comparatif des statuts pour devenir marchand automobile

Structure Nombre de personnes Charges réelles déductibles ? Dirigeant Fiscalité générale Profil type
Micro-entreprise 1 Non, pas une par une Entrepreneur individuel Micro-BIC à l'IR Test d'activité très limité et recherche maximale de simplicité
EI au réel 1 Oui selon les règles fiscales Entrepreneur individuel IR par défaut, option IS possible sous conditions Entrepreneur seul souhaitant déduire ses frais sans créer de société
EURL 1 associé Oui Gérant IR par défaut pour associé unique personne physique, option IS possible Entrepreneur seul souhaitant une société et un statut social TNS lorsqu'il est gérant associé
SASU 1 associé Oui Président IS par défaut, option temporaire IR sous conditions Entrepreneur seul recherchant souplesse juridique et régime assimilé salarié en cas de rémunération
SARL 2 à 100 associés Oui Gérant IS en principe, options particulières possibles Projet à plusieurs avec cadre juridique fortement défini
SAS Au moins 2 associés Oui Président IS en principe, option temporaire IR sous conditions Projet à plusieurs recherchant une forte souplesse statutaire
Le choix ne doit pas commencer par : « quelle structure paie le moins de charges ? »

Commencez par déterminer :
  • si vous exercez seul ou à plusieurs ;
  • combien de chiffre d'affaires vous prévoyez ;
  • combien de marge vous réalisez ;
  • combien de charges réelles vous supportez ;
  • si vous souhaitez vous rémunérer immédiatement ;
  • si vous allez importer ;
  • et comment vous envisagez de développer l'entreprise.

Peut-on devenir marchand automobile en micro-entreprise ?

Oui, la micro-entreprise n'est pas interdite pour l'achat-revente automobile.

Une activité commerciale d'achat de véhicules dans le but de les revendre peut être exercée sous le régime micro lorsque les conditions permettant d'en bénéficier sont respectées.

Mais il faut préciser une chose importante :

La micro-entreprise n'est pas une société.

Il s'agit principalement d'un régime fiscal et social simplifié appliqué à une entreprise individuelle.

En 2026, le plafond du régime micro pour une activité de vente de marchandises est fixé à :

203 100 € de chiffre d'affaires annuel

Ce plafond a été relevé à partir du 1er janvier 2026.

203 100 € peut sembler élevé… mais pas dans l'automobile

Dans beaucoup d'activités, 203 100 € représente un chiffre d'affaires important.

Dans le commerce automobile, ce montant peut être atteint très vite.

Par exemple, avec un prix de vente moyen de :

15 000 € par véhicule

13 voitures représentent déjà :

13 × 15 000 € = 195 000 € de chiffre d'affaires

Et pourtant, vendre 13 véhicules sur une année ne représente qu'un peu plus d'une voiture par mois.

Le plafond micro ne doit donc jamais être interprété comme « je peux développer tranquillement un gros parc automobile jusqu'à 203 100 € ».

Dans le négoce automobile, le prix élevé de chaque unité fait monter très rapidement le chiffre d'affaires.

Pourquoi la micro-entreprise peut être peu adaptée au marchand automobile ?

Le principal problème n'est pas seulement le plafond.

C'est la manière dont les charges sont traitées.

Vos achats réels ne sont pas déduits un par un

Sous le régime micro-BIC, l'administration n'impose pas votre bénéfice comptable réel après déduction de chaque dépense.

Elle applique un abattement forfaitaire de 71 % sur le chiffre d'affaires pour une activité de vente de marchandises.

Cet abattement est censé représenter l'ensemble des charges de l'entreprise.

Vous ne déduisez donc pas séparément :

  • le prix d'achat réel des voitures ;
  • les frais d'enchères ;
  • le transport ;
  • les réparations ;
  • les pneus ;
  • la carrosserie ;
  • les frais de préparation ;
  • le local ;
  • les assurances ;
  • les logiciels ;
  • les frais bancaires ;
  • les garanties commerciales ;
  • les autres dépenses réelles.

Les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d'affaires

Pour l'activité de vente de marchandises, le taux micro-social applicable en 2026 est de 12,3 % du chiffre d'affaires déclaré, hors contribution à la formation professionnelle et autres prélèvements éventuellement applicables.

Exemple volontairement simplifié

Supposons un marchand réalisant :

  • 100 000 € de chiffre d'affaires déclaré ;
  • une marge commerciale relativement faible par rapport au prix des véhicules.

Les cotisations micro-sociales représenteraient, avant les autres prélèvements :

100 000 € × 12,3 % = 12 300 €

Et ce calcul ne se base pas sur le bénéfice comptable réel restant après avoir acheté les voitures.

C'est le point essentiel.

Une activité dans laquelle vous facturez 100 000 € avec 80 000 € ou 90 000 € de coûts d'achat et de fonctionnement n'a rien à voir avec une activité de service générant 100 000 € avec très peu de dépenses.

Pourtant, le régime micro raisonne largement à partir du chiffre d'affaires et d'abattements forfaitaires.

C'est pour cette raison que la micro-entreprise peut être juridiquement possible mais économiquement peu adaptée à un véritable modèle de marchand automobile.

Micro-entreprise et TVA : attention, les seuils ne sont pas les mêmes

C'est l'une des confusions les plus fréquentes.

Depuis plusieurs années, les plafonds du régime micro et ceux de la franchise en base de TVA sont décorrélés.

En 2026 :

Règle Seuil vente de marchandises Conséquence générale
Régime micro-BIC 203 100 € Condition de chiffre d'affaires pour rester sous le régime micro selon les règles applicables
Franchise en base TVA 85 000 € Seuil de référence annuel
Seuil majoré TVA 93 500 € Un dépassement de cette limite en cours d'année entraîne la sortie de franchise à compter de la date du dépassement
On peut donc rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA.

Un marchand réalisant 120 000 € de chiffre d'affaires peut par exemple encore relever du régime micro-BIC sur le plan de l'imposition des bénéfices, tout en ayant déjà quitté la franchise en base de TVA.

La TVA automobile doit ensuite être analysée opération par opération :

  • TVA sur marge ;
  • TVA sur prix total ;
  • acquisition intracommunautaire ;
  • importation ;
  • achat à particulier ;
  • achat à professionnel.
Ne choisissez jamais la micro-entreprise uniquement pour « ne pas payer de TVA ».

La forme juridique, le régime micro et la franchise en base de TVA sont trois sujets qu'il faut distinguer.

Entreprise individuelle au réel : une option souvent oubliée

Il n'est pas obligatoire de créer une société pour sortir du fonctionnement économique de la micro-entreprise.

Vous pouvez exercer en entreprise individuelle sous un régime réel.

Les avantages principaux

  • pas de statuts de société à rédiger ;
  • pas de capital social à constituer ;
  • formalités généralement plus simples qu'une société ;
  • possibilité de tenir compte des charges réelles selon les règles fiscales ;
  • possibilité d'exercer seul ;
  • séparation automatique entre patrimoine personnel et patrimoine professionnel selon le régime actuel de l'entrepreneur individuel.

L'entrepreneur individuel est normalement imposé à l'impôt sur le revenu, mais une option pour l'impôt sur les sociétés est possible sous conditions en demandant l'assimilation fiscale à une EURL.

L'EI au réel mérite donc d'être comparée à l'EURL et à la SASU.

Elle peut être pertinente pour quelqu'un qui veut exercer seul, déduire ses charges et éviter une partie du formalisme d'une société.

Son régime social

L'entrepreneur individuel relève du régime des travailleurs indépendants.

Ses cotisations ne fonctionnent donc pas comme celles d'un président de SASU rémunéré.

EURL : est-ce un bon statut pour un marchand automobile ?

L'EURL est une SARL composée d'un seul associé.

Elle crée une personne morale distincte de son associé et permet d'exercer une activité commerciale comme l'achat-revente de véhicules.

Capital social

Il n'existe pas de capital minimum légal important à constituer.

Le capital est librement fixé.

Lorsqu'il existe des apports en numéraire, au moins 20 % doivent être libérés lors de la constitution, le solde pouvant être versé dans les cinq années suivant l'immatriculation.

Fiscalité

Lorsque l'associé unique est une personne physique, l'EURL relève en principe de l'impôt sur le revenu.

Elle peut opter pour l'impôt sur les sociétés.

Régime social du gérant associé unique

Dans le cas le plus fréquent où l'associé unique est également gérant, il relève du régime des travailleurs non salariés (TNS).

Des cotisations minimales peuvent rester dues même en l'absence de rémunération.

Pourquoi l'EURL peut être intéressante pour un marchand

  • charges réelles prises en compte selon le régime fiscal applicable ;
  • structure sociale distincte ;
  • possible option à l'IS ;
  • régime TNS du gérant associé ;
  • structure adaptée à une personne travaillant seule ;
  • passage relativement naturel vers la SARL si de nouveaux associés entrent.
L'EURL mérite particulièrement d'être simulée lorsque vous envisagez de vous rémunérer régulièrement et souhaitez comparer le régime TNS avec celui du président de SASU.

SASU : est-ce un bon statut pour un marchand automobile ?

La SASU est une société par actions simplifiée comportant un seul associé.

Elle est très fréquemment proposée aux créateurs d'entreprise, mais elle n'est pas automatiquement « meilleure » qu'une EURL ou une EI.

Capital social

Le capital est librement déterminé.

Pour les apports en numéraire, au moins 50 % doivent être libérés lors de la constitution. Le solde peut être libéré ultérieurement dans les conditions prévues par la loi.

Fiscalité

La SASU est par défaut soumise à l'impôt sur les sociétés.

Une option temporaire pour l'impôt sur le revenu peut exister lorsque les conditions légales sont respectées.

Régime social du président

Lorsque le président perçoit une rémunération au titre de son mandat, il relève du régime général de la sécurité sociale comme assimilé salarié.

Il ne bénéficie cependant pas automatiquement de l'assurance chômage simplement parce qu'il est président de SASU.

S'il ne perçoit aucune rémunération au titre de son mandat, il n'y a normalement pas de cotisations sociales sur une rémunération inexistante, mais il n'acquiert pas non plus la protection sociale correspondante via cette rémunération.

Pourquoi une SASU peut être intéressante

  • forte liberté statutaire ;
  • personne morale distincte ;
  • IS par défaut ;
  • président assimilé salarié lorsqu'il est rémunéré ;
  • entrée future d'associés relativement naturelle avec transformation pratique en SAS pluripersonnelle ;
  • structure adaptée à certains projets devant évoluer ou accueillir des investisseurs.
« SASU = meilleur statut » est un mauvais raisonnement.

La SASU peut être excellente pour certains projets et inutilement coûteuse ou complexe pour d'autres. Elle doit être comparée à l'EURL et à l'EI à partir de chiffres réels.

EURL ou SASU pour devenir marchand automobile ?

C'est souvent le véritable choix lorsque l'activité devient sérieuse et que le marchand souhaite exercer seul au sein d'une société.

Critère EURL SASU
Nombre d'associés 1 1
Dirigeant Gérant Président
Capital Libre Libre
Numéraire à libérer à la création Au moins 20 % Au moins 50 %
Fiscalité des bénéfices par défaut IR pour associé unique personne physique IS
Option principale IS possible IR temporaire possible sous conditions
Régime social du dirigeant associé TNS Assimilé salarié si rémunéré
Évolution à plusieurs SARL SAS
Souplesse statutaire Cadre plus réglementé Plus grande liberté statutaire

L'EURL peut être cohérente si…

  • vous travaillez seul ;
  • vous souhaitez une société ;
  • vous envisagez une rémunération régulière ;
  • le statut TNS correspond à votre stratégie ;
  • vous préférez un cadre juridique plus encadré.

La SASU peut être cohérente si…

  • vous travaillez seul ;
  • vous souhaitez une société ;
  • vous privilégiez la souplesse statutaire ;
  • vous envisagez éventuellement de faire entrer plus tard des associés ou investisseurs ;
  • le régime assimilé salarié correspond mieux à votre stratégie de rémunération et de protection sociale.
Pour un marchand automobile, le choix EURL / SASU ne se fait pas avec une règle générale.

Il faut simuler :
  • chiffre d'affaires ;
  • marge brute ;
  • charges ;
  • rémunération souhaitée ;
  • résultat prévisionnel ;
  • protection sociale recherchée ;
  • dividendes éventuels ;
  • développement futur.

SARL ou SAS si vous créez l'activité à plusieurs

Lorsque plusieurs personnes sont associées, les équivalents principaux deviennent :

SARL

De 2 à 100 associés. Cadre légal relativement structuré, avec un régime social du gérant qui dépend notamment de sa position majoritaire, minoritaire ou égalitaire.

SAS

Au moins 2 associés. Grande liberté statutaire permettant d'organiser plus finement les pouvoirs, les entrées au capital et certaines relations entre associés.

Le choix dépend donc beaucoup de la répartition du capital et de la manière dont les associés souhaitent diriger l'entreprise.

Si vous créez une société à deux, ne choisissez pas seulement le statut.

Définissez également :
  • qui apporte combien ;
  • qui travaille dans l'entreprise ;
  • qui décide des achats ;
  • comment sont répartis les bénéfices ;
  • comment sortir un associé ;
  • ce qui se passe en cas de désaccord.

Combien de capital social faut-il pour devenir marchand automobile ?

Il faut distinguer capital légal et argent réellement nécessaire pour lancer l'activité.

Une EURL, SASU, SARL ou SAS peut juridiquement être créée avec un capital très faible.

Mais cela ne signifie absolument pas qu'une entreprise de négoce automobile peut raisonnablement fonctionner avec quelques euros.

Le capital social n'achète pas automatiquement votre stock.

Vous devez encore financer :
  • les premiers véhicules ;
  • les frais d'enchères ;
  • le transport ;
  • les réparations ;
  • l'assurance ;
  • le local éventuel ;
  • les garanties ;
  • les taxes ;
  • la trésorerie nécessaire jusqu'à la revente.

Pour préparer cette partie, consultez notre guide : Quel budget faut-il pour devenir marchand automobile ?.

Quel statut permet de déduire les frais réels d'un marchand automobile ?

C'est un critère extrêmement important dans notre métier.

Sous un régime réel d'imposition, les charges professionnelles peuvent être prises en compte lorsqu'elles remplissent les conditions fiscales de déductibilité.

Cela concerne potentiellement :

  • coût d'achat du stock ;
  • transport ;
  • commissions ;
  • réparations ;
  • entretien ;
  • préparation ;
  • loyer ;
  • assurance ;
  • comptabilité ;
  • outils et logiciels ;
  • frais bancaires ;
  • publicité ;
  • salaires ;
  • certaines dépenses nécessaires à l'exploitation.

Cela concerne notamment l'EI au réel, l'EURL et la SASU selon leur régime d'imposition.

Le régime micro fonctionne différemment : les frais réels ne sont pas déduits individuellement pour calculer le bénéfice micro-BIC.

Activité à forte dépense + marge relativement faible
=
importance majeure du régime réel

C'est précisément le profil économique fréquent de l'achat-revente automobile.

Le statut juridique détermine-t-il la TVA du marchand automobile ?

Non.

C'est un point essentiel.

Vous pouvez avoir :

  • une EI soumise à TVA ;
  • une micro-entreprise devenue redevable de TVA ;
  • une EURL soumise à TVA ;
  • une SASU soumise à TVA.

Et à l'intérieur d'une même entreprise, certains véhicules peuvent relever de mécanismes différents :

  • TVA sur marge ;
  • TVA sur prix total ;
  • acquisition intracommunautaire ;
  • importation hors UE.
Créer une SASU ne vous donne pas automatiquement le droit d'appliquer la TVA sur marge.

Créer une micro-entreprise ne permet pas non plus de choisir librement d'ignorer la TVA.

Le régime TVA dépend de la situation fiscale de l'entreprise et surtout de la manière dont chaque véhicule a été acquis.

Quel statut protège le patrimoine personnel du marchand automobile ?

Entreprise individuelle

Depuis la réforme du statut de l'entrepreneur individuel, le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel sont en principe séparés automatiquement.

Les créanciers professionnels poursuivent normalement le patrimoine professionnel.

Il existe toutefois des exceptions, notamment dans certaines situations fiscales, sociales, de fraude ou lorsqu'une garantie personnelle a été consentie.

EURL et SASU

Ces sociétés disposent d'une personnalité morale et d'un patrimoine distinct.

La responsabilité de l'associé est en principe limitée à ses apports.

Mais cette protection n'est jamais absolue.

Un dirigeant peut notamment engager sa responsabilité :

  • en cas de faute de gestion ;
  • en cas de fraude ;
  • dans certaines situations fiscales ou sociales ;
  • ou lorsqu'il accorde personnellement une caution à une banque ou un créancier.
Ne choisissez donc pas une SASU uniquement parce qu'on vous dit : « ton patrimoine est protégé ».

L'EI bénéficie elle aussi aujourd'hui d'une séparation des patrimoines, même si le fonctionnement juridique reste différent d'une société.

Quel statut choisir selon votre projet de marchand automobile ?

Je veux seulement tester très petit

La micro-entreprise peut être étudiée pour un démarrage très limité, à condition de comprendre le calcul sur le chiffre d'affaires, les seuils et la TVA.

Je suis seul et je veux rester simple

L'entreprise individuelle au réel mérite d'être comparée aux sociétés : pas de capital social ni de statuts, mais possibilité de travailler avec des charges réelles.

Je suis seul et je veux une société avec un régime TNS

L'EURL peut être pertinente, notamment lorsque le gérant est également associé unique.

Je suis seul et je veux une structure très flexible

La SASU peut être pertinente si son régime social, sa fiscalité et son potentiel d'évolution correspondent réellement au projet.

Nous sommes plusieurs avec une organisation stable

La SARL peut être étudiée, notamment pour son cadre juridique plus encadré.

Nous sommes plusieurs et voulons organiser librement le capital

La SAS permet davantage de souplesse statutaire, mais exige une rédaction sérieuse des statuts et éventuellement d'un pacte d'associés.

Pour beaucoup de projets sérieux d'achat-revente automobile exercés seul, le vrai comparatif est donc :

EI au réel VS EURL VS SASU.

La micro-entreprise reste une possibilité légale, mais son fonctionnement basé largement sur le chiffre d'affaires doit être analysé avec beaucoup de prudence dans une activité où le stock représente une grande partie du prix de vente.

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Que faut-il faire après avoir choisi son statut ?

Créer une micro-entreprise, une EI, une EURL ou une SASU ne suffit pas à rendre automatiquement l'activité de marchand automobile opérationnelle.

1. Créer l'entreprise via le Guichet unique

Les formalités de création, modification et cessation d'entreprise passent par le Guichet unique des formalités des entreprises.

Vous devez notamment déclarer :

  • l'identité de l'entrepreneur ou de la société ;
  • l'adresse ;
  • l'activité exercée ;
  • les dirigeants ;
  • les bénéficiaires effectifs pour les sociétés concernées ;
  • les options fiscales et sociales demandées.

2. Obtenir les identifiants de l'entreprise

Après validation de la formalité, l'entreprise obtient notamment son SIREN et son SIRET et est inscrite aux registres correspondant à son activité.

3. Effectuer les formalités propres au commerce de véhicules d'occasion

L'achat-revente de véhicules d'occasion entraîne ensuite des obligations spécifiques.

Il faut notamment s'intéresser :

  • à la déclaration liée à l'activité de revendeur d'objets mobiliers ;
  • au livre de police ;
  • à la comptabilité du stock ;
  • à la TVA ;
  • aux déclarations d'achat ;
  • aux documents de vente ;
  • aux garanties légales ;
  • aux assurances ;
  • aux procédures d'immatriculation.
Un Kbis ne constitue pas à lui seul une autorisation de tout faire dans l'automobile.

La création de l'entreprise et les obligations opérationnelles du marchand automobile sont deux étapes différentes.

Retrouvez le cadre complet ici : Obligations du marchand automobile : réglementation et fiscalité.

Et si vous partez du début : Comment devenir marchand automobile : le guide complet.

Les erreurs à éviter lorsqu'on choisit son statut

1. Choisir la micro uniquement parce qu'elle est simple

La simplicité administrative n'est pas forcément synonyme de rentabilité économique.

2. Confondre chiffre d'affaires et marge

C'est probablement l'erreur la plus dangereuse dans le commerce automobile.

3. Croire que 203 100 € est aussi le seuil de TVA

Les seuils du régime micro-BIC et ceux de la franchise en base de TVA sont distincts.

4. Créer automatiquement une SASU parce que tout le monde en parle

Une SASU doit être comparée à une EURL et à une EI avec votre vraie rémunération, vos vraies charges et votre projet de développement.

5. Créer une société avec 1 € et croire que le projet est financé

Le capital légal minimum et le budget nécessaire pour financer du stock automobile sont deux choses totalement différentes.

6. Choisir le statut avant de définir le modèle économique

Achat-revente, mandat et dépôt-vente ne produisent pas les mêmes flux économiques.

7. Ignorer la TVA

Un mauvais traitement TVA peut coûter beaucoup plus cher qu'une différence de cotisations entre deux formes juridiques.

8. Ne regarder que les cotisations sociales

Il faut également comparer fiscalité, protection sociale, comptabilité, rémunération, dividendes, développement futur et coûts de gestion.

9. Ne pas prévoir les obligations spécifiques au marchand automobile

La forme juridique ne remplace ni le livre de police ni les autres obligations commerciales et administratives.

10. Copier le statut d'un autre marchand

Deux marchands ayant exactement la même activité peuvent avoir intérêt à choisir deux structures différentes en fonction de leur situation personnelle, leur rémunération et leurs objectifs.

Checklist pour choisir son statut de marchand automobile

Projet

  • ☐ Je sais si je fais réellement de l'achat-revente
  • ☐ Je sais si je travaille seul ou avec des associés
  • ☐ Je connais mon chiffre d'affaires prévisionnel
  • ☐ Je connais mon prix moyen par véhicule
  • ☐ J'ai estimé ma marge moyenne

Dépenses

  • ☐ J'ai estimé le coût de mon stock
  • ☐ J'ai estimé les frais d'enchères
  • ☐ J'ai estimé le transport
  • ☐ J'ai estimé les réparations
  • ☐ J'ai estimé l'assurance
  • ☐ J'ai estimé le local éventuel
  • ☐ J'ai estimé le SAV et les garanties

Fiscalité

  • ☐ Je distingue micro-BIC et franchise TVA
  • ☐ Je sais si je serai rapidement redevable de TVA
  • ☐ Je comprends le régime de TVA de mes achats
  • ☐ Je sais si mes frais réels doivent être déduits
  • ☐ J'ai comparé IR et IS selon mon projet

Dirigeant

  • ☐ J'ai défini la rémunération dont j'ai besoin
  • ☐ J'ai comparé TNS et assimilé salarié
  • ☐ J'ai évalué ma protection sociale
  • ☐ Je sais si je compte me rémunérer immédiatement

Développement

  • ☐ Je sais si je veux faire entrer des associés plus tard
  • ☐ Je sais si je vais embaucher
  • ☐ Je sais si je vais importer
  • ☐ Je sais si je souhaite développer plusieurs activités
  • ☐ J'ai fait une simulation avec un professionnel compétent avant de choisir

Questions fréquentes sur le statut du marchand automobile

Quel est le meilleur statut pour devenir marchand automobile ?

Il n'existe pas de meilleur statut universel. Pour une activité exercée seul et destinée à se développer, il est généralement pertinent de comparer l'entreprise individuelle au réel, l'EURL et la SASU à partir du chiffre d'affaires, des marges, des charges et de la rémunération prévue.

Peut-on être marchand automobile en auto-entrepreneur ?

Oui. L'achat-revente automobile peut être exercé sous le régime micro lorsque les conditions sont respectées. Toutefois, ce régime peut être peu adapté économiquement car les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires déclaré et les frais réels ne sont pas déduits individuellement pour calculer le bénéfice micro-BIC.

Quel est le plafond d'un auto-entrepreneur marchand automobile en 2026 ?

Le plafond du régime micro-BIC pour une activité de vente de marchandises est de 203 100 € en 2026. Attention : ce seuil ne correspond pas au seuil de franchise en base de TVA.

Quel est le seuil de TVA d'un marchand automobile en micro-entreprise ?

Pour une activité de vente de marchandises, le seuil de référence de franchise en base est de 85 000 €, avec une limite majorée de 93 500 €. Il est donc possible de rester sous le régime micro-BIC tout en devenant redevable de la TVA.

Une micro-entreprise peut-elle appliquer la TVA sur marge ?

Le régime micro et le régime de TVA sont distincts. Un micro-entrepreneur devenu redevable de TVA doit appliquer les règles TVA correspondant à ses opérations. L'application éventuelle de la TVA sur marge dépend notamment des conditions d'acquisition du véhicule et non du simple fait d'être micro-entrepreneur.

Faut-il choisir EURL ou SASU pour vendre des voitures ?

L'EURL et la SASU permettent toutes deux l'achat-revente automobile. Leur principale différence pour un dirigeant associé seul concerne notamment la fiscalité par défaut, le régime social du dirigeant, le formalisme et la flexibilité statutaire. Une simulation personnalisée est préférable.

La SASU est-elle obligatoire pour devenir marchand automobile ?

Non. Vous pouvez exercer sous plusieurs formes : entreprise individuelle, micro-entreprise sous conditions, EURL, SASU, SARL ou SAS notamment.

Peut-on devenir marchand automobile en entreprise individuelle ?

Oui. L'entreprise individuelle permet d'exercer une activité commerciale d'achat-revente. Le régime réel peut notamment permettre de prendre en compte les charges professionnelles selon les règles fiscales applicables.

Quel capital faut-il pour créer une SASU de marchand automobile ?

Le capital social est librement déterminé. Mais le minimum juridique ne doit jamais être confondu avec le véritable budget de lancement. Un marchand automobile doit disposer de suffisamment de trésorerie pour financer son stock, ses frais et son besoin en fonds de roulement.

Quel capital faut-il pour une EURL ?

Il n'existe pas de capital social minimum important imposé. Au moins 20 % des apports en numéraire doivent être libérés lors de la constitution. Là encore, le capital doit être cohérent avec les besoins réels de l'activité.

Est-il obligatoire d'avoir un comptable pour être marchand automobile ?

Le recours à un expert-comptable n'est pas automatiquement imposé simplement parce que vous exercez comme marchand automobile. En revanche, compte tenu du stock, de la TVA sur marge, des achats européens ou importations et des différentes obligations fiscales, son accompagnement peut être particulièrement pertinent.

Le choix du statut change-t-il les obligations du marchand automobile ?

Certaines obligations de société, de comptabilité ou de régime social varient selon la structure. En revanche, les obligations liées au commerce professionnel de véhicules d'occasion, aux garanties, au livre de police, à la facturation ou aux règles de consommation ne disparaissent pas simplement parce que vous choisissez une micro-entreprise plutôt qu'une SASU.

Peut-on changer de statut plus tard ?

Oui, mais le changement peut nécessiter une transformation, un apport, une cessation ou une création de nouvelle structure selon la situation. Il est donc préférable de choisir dès le départ une structure cohérente avec les 12 à 24 prochains mois plutôt qu'uniquement avec la première vente.

La règle à retenir avant de choisir

Le meilleur statut n'est pas celui qui paraît le plus simple ou celui utilisé par le plus grand nombre d'entrepreneurs sur Internet.

C'est celui qui correspond à votre modèle économique réel.

MODÈLE D'ACTIVITÉ
↓
CHIFFRE D'AFFAIRES
↓
MARGES ET CHARGES
↓
TVA
↓
RÉMUNÉRATION
↓
PROTECTION SOCIALE
↓
DÉVELOPPEMENT FUTUR
↓
STATUT
Ne choisissez pas votre statut avant d'avoir construit votre modèle économique.

Dans l'achat-revente automobile, quelques véhicules suffisent à générer beaucoup de chiffre d'affaires alors que la marge réelle peut rester relativement faible. C'est cette réalité économique qui doit guider votre décision.

Pour reprendre toute la création de l'activité depuis le début, consultez : Comment devenir marchand automobile : le guide complet.

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Sources officielles consultées — septembre 2026

Le choix d'une forme juridique dépend de la situation personnelle, fiscale et sociale du créateur. Les règles et seuils peuvent évoluer. Faites valider votre choix par un expert-comptable, avocat ou professionnel compétent lorsque votre situation le nécessite.

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